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Le cimetière de Mont-Sainte-Aldegonde

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Nous voici au lieu-dit champ des Escossons, lieu où devait se trouver l’ancien château féodal. La légende nous raconte que c’est à cet endroit que se tint, durant des siècles, à dates régulières, le sabbat des sorcières de Carnières . Cet endroit retiré de toutes habitations devait sans doute inspirer la crainte des villageois et avait une connotation mystique qui, avec le temps, nous a échappé…

Le 22 août 1914, vers 15 heures, les Allemands ignorent toujours les raisons de la montée en ligne de la 11e brigade d'infanterie française composée des 24e et 28e régiments d'infanterie commandés par le général Hollender: retarder la progression ennemie pour permettre le retrait du corps de cavalerie Sordet derrière la Sambre.

En fin d’après-midi, les Allemands jettent dans la bataille leurs dernières forces disponible, le 55e régiment d'infanterie allemand pendant que les 53e, 16e et 57e régiments d'infanterie allemands sont toujours bloqués par les 3 bataillons français sur le plateau de Pasturia, dans le bois des Vallées et dans le bois de Chèvremont.

Vers 15 heures, pendant que le 55e RI progresse par le Bois des Faux et par la Gade vers les hauteurs de Mont-Sainte-Aldegonde, les Ulhans qui les précèdent chargent les avant-postes français. C'est à ce moment que les canons allemands, positionnés à l'orée du bois des Faux, vont se déplacer et s'installer à hauteur du cimetière de Mont-Sainte-Aldegonde.

Ils vont ainsi provoquer de nombreux dégâts dans les 9e, 10e, 11e et 12e compagnies positionnées dans les bois de Chèvremont et de Warimez. Ces batteries vont également protéger la progression du 55e régiment d'infanterie allemand vers ces bois et permettre ainsi par cette manœuvre la prise à revers des positions françaises.

À ce moment, il n'y a plus de doute sur l'issue du combat : les Allemands en sortiront vainqueurs. Il est 16 heures, le général Hollender, avec l'accord du général Sordet, ordonne le repli du 24e régiment d'infanterie. Le lieutenant-colonel Fesch va alors tenter une contre-offensive sur le 55e régiment d'infanterie afin de dégager les 4 compagnies françaises (9e, 10e, 11e et 12e) menacées d'encerclement. Le combat va se dérouler au corps à corps et à la baïonnette. Le lieutenant-colonel Fesch qui sera parmi les victimes de cette contre-offensive est le premier officier supérieur français tombé au combat de tout le conflit.