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Le Prieuré de Montaigu et la Maison du temps qui passe

Le Prieuré de Montaigu

En 1615, Sébastien Deppe, alors curé de Morlanwelz, fit élever une chapelle pour abriter une reproduction en bois de la Vierge de Montaigu. Il fit ensuite construire un Prieuré qu’Albert et Isabelle dotèrent richement. Il faut savoir qu’au 18e siècle, Charles de Lorraine assistait fréquemment à la messe dominicale à Morlanwelz ou à la chapelle Montaigu plutôt qu’au château de Mariemont.

Avec la Chapelle Notre-Dame du Saint-Sang, le Prieuré de Montaigu est un des derniers témoins, encore debout, du passé de Morlanwelz. Contemporain du Château Royal des Archiducs Albert et Isabelle, monument emblématique de la localité, c'est à juste titre qu'il est devenu un des édifices à vocation culturelle de celle-ci. Pourtant, à l'origine, rien ne le destinait à cette affectation profane. L'Abbé Edmond Roland lui a consacré deux articles qui, aujourd'hui encore, demeurent fondamentaux

in "Le Prieuré de Montaigu à Morlanwelz", Valère Wastelain, le 20 février 2000

Le Prieuré fut partiellement démoli en 1776 et devint une maison de garde-chasse. en 1829, les charbonnages de Mariemont et la famille Warocqué achetèrent la forêt et donc le Prieuré. Au 19e siècle, le garde-chasse fut remplacé par trois familles d’ouvriers mineurs. en 1953, la Commune de Morlanwelz acquit le Prieuré et le restaura de 1974 à 1976.

La Maison du temps qui passe

C'est en 2004 que le Cercle d’histoire et d’Archéologie de Morlanwelz (CHAM) reçoit de la commune la gestion du Prieuré, qui devient la Maison du temps qui passe.

En 2018, des travaux de restauration ont débuté, en bonne partie grâce à des subsides.

Le gros œuvre a été terminé en septembre 2019. La crise de la covid-19 a retardé la suite des travaux et la Maison du temps qui passe enfin pu être inaugurée le 10 septembre 2021.

C'est en octobre 2024 que les ouvriers du service communal des travaux ont installé le chariot de l'ancien Bon Grain dans le jardin du Prieuré.

La chapelle Sainte-Barbe

La date exacte de la construction de l’édifice n’est pas connue. Par contre, des données précises peuvent être relevées auprès de l’administration du cadastre : actuellement, la parcelle sur laquelle est érigée la chapelle porte le numéro A343M et son dessin figure sur le croquis 16 du cadastre de 1866, c’est à dire qu’elle a été construite avant ou en 1865. On peut relever qu’en 1866, la parcelle 343 B a été scindée en 343 C (actuel plateau des établissements d’Enseignement) et en 343 D (terrain triangulaire entre la rue de Montaigu et la rue de l’Enseignement) où la chapelle est située.

D’autre part, en 1959, l’édifice était la propriété de la S.A. Charbonnages Mariemont-Bascoup (résultant de la fusion, en fin du XIXe siècle, de la Société des charbonnages de Mariemont, l'Olive et Chaud-Buisson avec la Société des charbonnages de Bascoup).

Le 30 juillet 1959, la chapelle est devenue propriété de la S.A. Charbonnages du Centre.

Depuis le 30 avril 1973, elle appartient à la commune de Morlanwelz.

Depuis l’aube des années 1990, au début du mois de décembre, la chapelle était rafraîchie par des voisins et membres du CHAM de façon à convier le public à venir y exprimer sa dévotion à l’occasion de la fête de la sainte, le 4 décembre. Lors d’une violente tempête en 2007, un arbre s’est abattu sur la chapelle située au carrefour de la rue de Montaigu et de la rue de l’Enseignement. La toiture de ce bâtiment de style néo-gothique a été réparée et la statue de Sainte-Barbe a été rénovée et réhabilitée deux fois : le 5 décembre 2009 et le 2 décembre 2023.

Selon une transmission orale, lorsqu’un mineur décédait lors d’un accident de charbonnage, son corps était déposé à la chapelle avant son enterrement.

Sainte-Barbe, une tradition peu sûre la présente comme martyre. Elle fut décapitée à cause de sa foi chrétienne. Elle est surtout connue comme patronne des mineurs et des gens des métiers du feu. En quelque sorte, elle représente tous ces travailleurs. Une bougie brûle en mémoire de tous les mineurs accidentés et tués au travail. Elle invite à une pensée pour tous ceux et celles qui ont un travail dangereux. Le chrétien se tourne vers Dieu. Père de Jésus-Christ et, en cette occasion, écoute sa parole et le prie dans la confiance.

André Friant, Curé à Morlanwelz. Le 25 novembre 1990 

 

L'histoire du Prieuré d'après M. Vanden Eynde

Le Prieuré de Montaigu, situé entre l'Athénée et les Ateliers, constitue le bâtiment le plus ancien de Morlanwelz.

Il fut créé au début du XVIIe siècle. En 1625 serait-on tenté de lire à première vue sur le linteau surmontant la porte Nord; en 1615 peut-on préciser grâce à une lecture attentive qui fait apparaître la correction du millésime.

Après la signature, en 1609, de la Trève de douze ans mettant fin à une véritable guerre civile qui vit la sécession des provinces du Nord, les archiducs Albert et Isabelle, gouverneurs de nos régions, contribuèrent activement à répandre une ferveur religieuse catholique destinée à contrecarrer le succès du protestantisme. Partout s'édifièrent couvents et monastères, églises, chapelles et calvaires.

C'est dans cet esprit qu'un certain Sébastien Deppe, religieux de l'abbaye de Bonne-Espérance et curé de Morlanwelz, se décida à profiter des largesses des Archiducs qui venaient de faire construire à leurs frais la basilique de Montaigu en Brabant; il obtint de pouvoir fonder une chapelle et, un peu plus tard, une habitation pour le résident, désigné par l'abbé de Bonne-Espérance.

Ainsi s'expliquent le moment de la fondation du prieuré, la dénomination et le rôle des fondateurs, précise dans le linteau de 1615.

Qu'on ne s'y trompe pas cependant. Les bâtiments actuels ne correspondent pas aux bâtiments primitifs.

Si l'on s'en réfère aux documents anciens représentant le prieuré, la chapelle paraît assez vaste, flanquée de chapelles latérales, la croisée étant surmontée d'un clocheton. La porte de cette chapelle, en pierre et cintre, subsiste, encastrée dans le mur de clôture de la cour actuelle; elle occupe vraisemblablement sa place ancienne.

Un rapport daté de 1741 et conservé dans le Conseil des Finances aux Archives Générales du Royaume, relate l'état de délabrement du prieuré. Un maître charpentier du nom de Armand Cligné et un maçon de la Maison royale de Mariemont, Pierre-André Piroux, nous font connaître le résultat de leur visite d'inspection. Il faut renouveler pratiquement toute la toiture et toutes les menuiseries. A leur avis, mieux vaudrait même démolir les bâtiments pour ensuite les faire rebâtir.

Mais vers 1776, l'abbé de Bonne-Espérance reçut le titres de chapelain à la chapelle royale de Mariemont; il y transféra la statue de Notre-Dame et autorisa la démolition de la chapelle de Montaigu.

Comme le rapport de 1741 précise que la voûte de la chapelle menace de s'effondrer, et qu'il convient de la réparer au plus tôt pour éviter qu'elle ne croule pendant l'office divin, il est probable qu'entre 1741 et 1776, la chapelle se trouva en si piteux état qu'elle ne put plus servir au culte. Les chapelains transformèrent une partie de leur résidence en chapelle et y firent construire le clocher qui subsiste aujourd'hui. On remarque dans la maçonnerie de ce bâtiment --- aménagé en 2 demeures --- la trace de multiples transformations.

Quant au bâtiment en équerre, il date sans doute du XIXe siècles, de même que l'annexe avec toit en appentis accolée au pignon du clocher.

Devenu propriété de l'état, avec le domaine de Mariemont, pendant la période française (1792-1814), l'ancien prieuré fut vendu d'abord à la Société Charbonnière de Mariemont-Olive, puis à la famille Warocqué.

En 1952, l'Administration communale acheta ce beau vestige du passé. En collaboration avec l'association des Commerçants et avec le concours d'historiens, elle se propose de le transformer en un musée où l'on pourra évoquer l'histoire de l'abbaye de l'Olive et de l'ancien château-fort, suivre l'évolution de la population depuis le XVIIème siècle, étudier la transformation économique et sociale depuis l'industrialisation, voir comment évolue la structure de la population pendant ce XXe siècle, constituer une section pour l'étude du folklore inspiré par la mine. Bref, un petit musée capable d'intéresser un vaste public.