DE NICOLAS
A ABEL WAROCQUE
Heureusement Nicolas Warocqué
n'était pas homme à se laisser abattre. Détenteur, à cette époque, d'un
tiers des titres, il put, grâce à la reprise des affaires et au soutien du
maréchal Maison, devenu propriétaire de 4 parts, justifier son attitude et
regagner la confiance de chacun.
Le dépouillement de sa
correspondance le fait apparaître comme un homme dynamique et audacieux.
Intéressé dans plusieurs affaires importantes, il essaya sans cesse d'en
lancer de nouvelles et parvint ainsi à se constituer une fortune appréciable :
quelques 25 maisons, un château qu'il s'était fait construire dans une partie
de la forêt de Mariemont et près de 500ha de terres, qui furent partagés
entre son fils Abel et sa fille Mélanie, devenue l'épouse de Edouard Hamoir,
de Valenciennes.
Abel Warocqué, né à Mariemont le
7 novembre 1805, apparaît comme le technicien, le spéculateur et l'amateur
d'art.
Technicien, il inventa la
warocquère, un appareil ingénieux qui permettait de descendre les mineurs au
fond des puits sans se servir des cufats, trop sujets aux accidents, ou des
échelles, qui fatiguaient l'ouvrier et lui faisaient perdre du temps. Il refusa
d'exploiter financièrement un brevet plus humanitaire que lucratif : "il
n'est jamais entré dans mes intentions de tirer parti de ma découverte,
écrivait-il le 20 mars 1845, mon seulbut a été de rendre service aux ouvriers
mineurs et à l'industrie qui les emploie".
Spéculateur, il porta un intérêt
presque passionné à la vente et surtout à l'achat de biens fonciers. En 1838,
il acquit coup sur coup la terre de Liessies, 35ha de terains à Piéton et à
Trazegnies, 210ha de bois à Mignault et à Familleureux; en 1841, il acheta au
ministre français CH. Tanneguy, comte Duchatel, et à madame, née E. Paulée,
fille de J-B. Paulée, gros acquéreur de biens nationaux dans le Centre à la
fin du XVIIIè siècle, les fermes du Sartiau, de la Grande-Louvière, de la
Basse-Louvière et de Tout-y-Faut. Ces propriétés, il les paya en partie avec
l'argent de sa femme, Henriette Marischal, en partie grâce à des emprunts pour
lesquels il acceptait un taux d'intérêt de 4 à 5%, alors que ses nouveaux
immeubles ne lui rapportaient que du 3%. Alors, pourquoi ces opérations ?
Une seule explication paraît
plausible en cette période de stabilité monétaire : il s'était rendu compte
comme son père, que la région du Centre, en s'industrialisant, se peuplerait
et, qu'en conséquence, les terrains augmenteraient de valeur. Il spéculait
donc à long terme. Propriétaire de nombreux terrains à Saint-Vaast, il en
offrit un d'1ha à l'administration communale pour établir un plan
d'urbanisation aux environs du "Drapeau Blanc" et pour construire
l'église de Baume en face de "chez Mathée", il s'occupa
personnellement et pour laquelle il s'efforça de rassembler les 30.000frs
qu'elle devait coûter (1). Cette décision, prise en partie pour valoriser ses
terrains, lui demanda 4ans d'efforts pour vaincre les obstacles dressés par
l'Administration Communale elle-même, par Victor Boch, qui venait de créer la
faïencerie de Keramis, et par le charbonnage de Sars-Longchamp.
Amateur d'art, il commanda des
sculptures à Geefs, Simonis et Fraiklin, des aquarelles à Horace Vernet, des
tableaux à Leys, Madou, Navez,etc...
C'était un hôte charmand; il se plût à recevoir 2 fois le roi Léopold Ier,
à accueillir le duc et la duchesse de Brabant, à inviter le comte de Flandre
aux grandes chasses.
Bourgmestre de Morlanwelz depuis
1836 et grand bienfaiteur de la commune, il refusa tout autre mandat politique.
Il mourut en 1864.
