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QUELQUES NOTES HISTORIQUES
SUR MORLANWELZ
Par Monsieur Olivier HUBINONT
Secrétaire Communal à Morlanwelz ( Année
1901 )
Nous nous sommes
souvent demandés sur quel coin de terre nous nous trouvions et ce qu'il était
autrefois, c'est-à-dire avant sa transformation actuelle.
Si nous nous rapportons aux nombreux auteurs que nous avons
consultés, nous constatons que, dans les temps les plus primitifs, notre sol
couvert de bois et de broussailles, faisait tout simplement partie de la forêt
des Ardennes, qui prit par la suite le nom de bois de la charbonnière ou de la
carbonaria, et dont quelques vestiges se retrouvent encore aux environs de Fontaine-l'Évêque.
En ce temps là, existait déjà un cours d'eau, lequel se
forma naturellement dans notre vallée, et porta plus tard, le titre de rivière
"La Haine", tout en donnant son nom à notre Province et à quelques
Communes voisines.
Il nous reste peu de témoins de ces âges préhistoriques,
voici cependant ce que nous avons pu recueillir :
Age de la
pierre.
En 1877, M. Gonzalès Descamps
a découvert sur le territoire de Morlanwelz une hache en silex poli
fragmentée (Bulletin de la Société paléontologique et archéologique de
Charleroi, tome XIII page 743).
En 1878, M. Peny a aussi trouvé une hache en silex dans les
fouilles de la Villa Romaine, enceinte des turcs, à Morlanwelz. Deux autres
haches en silex ont également été retrouvées en 1879 et 1880 aux limites de
Morlanwelz, territoire de Péronnes. ( Collection de M. Peny).
Enfin, le 20 Août 1893, en tirant des terres à briques,
derrière la fontaine de la portelette, à Morlanwelz, une hache en silex fût
aussi découverte.
Période Romaine.
Nos ancêtres
cherchant à tirer le meilleur parti possible du pays sauvage dans lequel ils
vivaient et s'inspirant probablement déjà, de ce qu'il n'est pas de barrière
plus forte contre la diffusion des lumières q'un état sans route, y créèrent
une chaussée.
Cette chaussée donne une idée des constructions nobles et
grandioses des Romains; les sommes immenses qu'elle a dû coûter, les obstacles
qu'il a fallu vaincre, l'aspect imposant qu'elle présente, attestent à quel
degré de luxe et de grandeur ce peuple était parvenu.
La Chaussée
Brunehault.
Nous voulons parler de
la chaussée Brunehault, l'une de ces fameuses voies romaines se déroulant à
Morlanwelz-Mariemont, sur une étendue de 5.445 mètres de longueur. Sa largeur
varie :
-
de Péronnes à Cronfestu,
entre 21m et 13m20
-
de Cronfestu au chemin de Mons
à Namur, entre 18m et 11m40
-
du chemin de Mons à celui des
Ormes, entre 15m et 11m
-
du chemin des Ormes à celui de
Fontaine, entre 20m et 9m40
-
du chemin de Fontaine à la
rivière, entre 17m30 et 10m 90
-
de la rivière au passage à
niveau du chemin de fer de Baume à Marchienne, entre 16m et 9m.
-
du chemin de fer au Placard, (
Chapelle-lez-Herlaimont), entre 16m 40, et 9m.
Cette route représente en superficie une contenance de 7
hectares, 60 ares, 12 centiares. Elle figure à l' atlas des chemins vicinaux de
la Commune, dressé le 1er Février 1845, sous la dénomination de chemin n° 1,
de Bavay à Maastricht.
Son entretien est à charge des Communes de Ressaix,
Leval-Trahegnies, Mont-Sainte-Aldegonde, Carnières et Morlanwelz, dont elles
forment les limites.
Elle est parfaitement rectiligne de Péronnes-lez-Binche; son
lieu de départ, jusqu'à "La Haine" subit, au-delà, une légère
flexion, ce qui est souvent le cas au passage des rivières, ou lorsqu'on aborde
les premières rampes; cette flexion sans importance est située à l'endroit
dit : "la platinerie".
Elle ne se continue pas, et est suivie d'une courbe vers le
Sud, laissant au Nord la VILLA ROMAINE fouillée en 1879 par M.
Peny.( Notre ancien Échevin, Officier de l'Ordre de Léopold.). On arrive là au
sommet d'un escarpement dominant admirablement la grand route et le pays de
Binche.
A quelques mètres de cette Villa et dans la forêt même, se
trouve un tumulus Romain, qui, malheureusement, disparaît de plus en
plus, sous les nombreux arbres enracinés en cet endroit. C'est là que,
probablement, il faudra chercher le tombeau de famille du maître de la Villa de
Morlanwelz, comme dans notre contrée, sous le nom de château des Sarrasins.
Une autre déviation de la voie romaine existe également, à
son point d'arrivée, sur Chapelle-lez-Herlaimont, au lieu dit : "le
placard". La voie, à la rencontre du diverticulum qui allait vers Feluy et
se prolongeait, dans l'autre sens, vers Piéton, prend un alignement nouveau
qu'elle continue, sauf interruptions plus ou moins modernes, dans les villages
voisins.
Son passage sur notre territoire ne présente pas, selon
nous, d'autre particularité.
Ce tronçon de route, qui, d'après certains auteurs, avait en moyenne 60 pieds
romains ou 17 mètres environ de largeur, faisait partie de la grande voie
romaine de Bavay à Tongres, Maastricht et Cologne, en prolongement vers le Bas
Rhin et la Basse Meuse, de la grande route romaine de Lyon à Bavay.
Il se nomme indifféremment Haute Chaussée, Chaussée
Romaine ou Chaussée Brunehault.
Son origine n'est pas bien établie. En général, les
auteurs sont d'accord pour admettre que la plupart des routes appelées Chaussée
Brunehault sont d'anciennes voies romaines qu'une Reine célèbre du nom de
Brunehault
fit réparer et remettre en bon état, et auxquelles les populations,
par reconnaissance, donnèrent son nom.
Il existe cependant une autre explication : c'est celle
imaginée par un poète hennuyer, Nicolas Rencleri, et publiée dans un ouvrage
paru vers le commencement du XIVème siècle. ( Voir Bergier, histoire des grands
chemins de l'empire, tome 1er, page 100, et conférence sur les voies de
communication de la Gaule Belgique, par le Major d'État Major Crousse,
imprimerie A. Cnophs fils, 3, rue du Conseil, à Bruxelles, anno 1879).
La légende imaginée à cette occasion par Rencleri trouva
des adhérents et même des commentateurs. L'un d'eux : Jacques de Guise - célèbre cordelier de Valenciennes, qui écrivait au XVème
siècle - lui donne
pour fondateurs : Bavo et un de ses descendants Brunehaldus ou Brunehaut, 5ème
roi des Belges. ( Voir de Guise, les antiquités du pays du Hainaut et de la
grande cité des Belges, à présent dite Bavay).
Cette légende est tout aussi fantaisiste que les nombreuses
fables débitées sur le compte de la chaussée. L'une de ces fables, naïvement
adoptée jusqu'à nos jours, laisse croire à la vue d' un si grand travail, que
la pensée du diable, comme fondateur, soit venue aux esprits amis du
merveilleux et ignorants de son origine réelle.( En patois du terroir, il n'est
pas rare d'entendre dire encore que notre chaussée a été faite par " les
diables d'su en nutte de temps" . Dans diverses localités de la
province de Liège, les anciennes voies romaines portent aussi la dénomination
de " pavé du diable".
Il va sans dire que ni l'une ni l' autres ne tiennent un
seul instant, si nous nous rapportons surtout à l'affirmation de Juste-Lipse,
qui, dans ses commentaires sur les oeuvres de Tacite, attribue formellement aux
Romains, la construction des chaussées partant de Bavay.
Mais s'il en est ainsi et les autres modernes sont d'accord,
d'où vient le nom de Brunehault donné non seulement aux grandes voies
aboutissant à Bavay ?
Comme bien on pense, les explications étymologiques ne
manquent pas. Un savant bénédictin, Dom Grenier, fait dériver Brunehault de
deux mots celtiques signifiant hauteur et caillou ! M. Vander Rit
pense qu'il pourrait provenir de breed, qui veut dire large, et held
guerrier ou militaire : d'où chaussée Brunehault signifierait large
voie militaire ! Nous nous contenterons de ces citations, et nous dirons que
l'explication généralement admise aujourd'hui est celle que nous avons
donnée primitivement.
Nous ajouterons même qu'il y a quelques années seulement,
la reconnaissance des habitants de Bavay s'est manifestée d'une façon très
appropriée. Sur la place principale de la ville, ils ont érigé une colonne
portant la statue de la Reine Brunehault, en costume du temps, et tenant à la
main un plan développé. Le piédestal présente 7 faces, sur chacune
desquelles est inscrit le nom d'une ville, savoir : Trèves, Cologne,
Utrecht, Tournay, Amiens, Soissons et Reims. Et sur la colonne se trouve
l'inscription suivante : " Ce monument a été édifié en l'an 1872, au
point central où aboutissent les sept chaussées romaines dites Brunehault. Ces
voies furent construites par Marcus-Agrippa, lieutenant de César-August, vers
l'an XXV avant Jésus-Christ, et restaurées par la Reine Brunehault, morte en
l'an 613 ".
Villa Romaine.
Il existait à
Morlanwelz, dans les premières années de notre ère une Villa Romaine.
Le tome XI des documents et
rapports de la société paléontologique et archéologique de Charleroi
renferme un rapport très intéressant et très détaillé de Messieurs Peny et
Fiévet, sur les fouilles de cette Villa.
Étymologie, nom et variantes.
L'état physique de
notre pays essuya autant de transformation que l'état politique et social de
ses habitants. Aux sombres forêts qui nous envahissaient et qui furent
défrichées, succédèrent de vastes plaines livrées à la culture, lesquelles
constituèrent sans doute ici la rive gauche de notre rivière, ce qui donna
vraisemblablement naissance au nom que porte notre village.
En effet, d'après Chotin, Morlanwelz dérive des mots
teutons, Moerland : marais, et veld : vallée, plaine.
D'autres auteurs lui donnent la signification de vallée des
prés porcins, vallée des marais, gués des marécages.
Les anciens chroniqueurs du Hainaut prétendent que ce nom
provient de Mortuorum-Vallis ( Val des morts) en raison d'une bataille
qui se livra sur son territoire - ce qui est fort contesté - en l'an 34 de notre
ère et où le carnage fut des plus affreux. ( Quelques historiens disent qu'à
la bataille qui eut lieu à Trivières, en l'an XII de notre ère, Drusus y
perdit la vie avec 11 légions. Ils ajoutent que ce fut dans un lieu appelé
jadis le gué des morts à cause des torrents de sang qui y furent
versés, et dans un autre tout proche, nommé le wez des morts et connu
maintenant sous le nom de Morlanwelz que le carnage des Romains fût le plus
affreux). Une autre version dit qu'il vient de la grande vallée qui avoisine le
château des Sarrasins, turcs ou mores, dénommée " Vallée du pays des
Mores " , ce qui est la traduction littérale de Morlanwelz de la
langue teutonne, usitée sous les francs de la première race.
D'après Forstemann, l'étymologie du nom de Morlanwelz
viendrait de la vallée de Morland, c'est-à-dire de la demeure de Morlan dans
le vallon.
Enfin, Mr Peteau de Maulette dans sa brochure de 1889 (
journal du Génie Civil, rue de la Chaussée d'Antin, 6 à Paris) dit que l'étymologie
seule du nom de Morlanwelz est une preuve que la connaissance de la houille en
ce pays remonte, tout au moins, peut-on dire, au temps de l'invasion celtique (
Il est à supposer que, seul, le charbon de bois, était connu dans le temps
celtique) car en langue celtique le nom de Morlanwelz a pour racine les deux
mots Morlo et Givé dont le premier signifie charbon fossile et
le second région.
Le vrai sens du nom de Morlanwelz est donc celui de
région du charbon fossile, et ce sens correspond d'une façon d'autant plus
curieuse à la caractéristique du lieu que, dans la langue primitive, le mot de
Morlo signifie un objet en général susceptible de devenir lumineux par
lui-même.
Nous n'étions autrefois qu'un alleu ( L'alleu désigne
la terre que le propriétaire ne tenait de personne et qui ne lui imposait
aucune obligation, par opposition au fief qui était la terre reçue d'un
supérieur, à titre de récompense.) de Trazegnies laquelle commune, d'après certains savants, date de l'époque
romaine ainsi que toutes les localités dont les noms se terminent en gny ou
gnies.
Le nom de notre Commune se rencontre sous une infinité
de formes, dont voici les principales : Morlanwez, Morlanwes, Morloweis (1160),
Morlainvues (1231), Morlainwes, Morlanweis, Morlowes, Morlanwelz, Marlowes,
Morbennes, Merlanwes, Morlanoues, Morlanwel, Morlauves, Morlanweilx, Morlainwees,
etc.,
Le peuple prononce Morlanwelz.
Population & superficie.
En
l'an XII de la République Française, ce qui correspond à l'année 1804, la
population de Morlanwelz s'élevait à 1.243 habitants.
|
En 1810, |
la population de Morlanwelz s'élevait à
|
1.458 habitants
|
|
1820, |
"
" |
1.385
|
|
1830,
|
"
" |
1.602
|
|
1840,
|
"
"
|
1.871
|
|
1850,
|
"
" |
2.643
|
|
1860,
|
"
" |
3.573
|
|
1870,
|
"
" |
4.477
|
|
1880,
|
"
" |
6.317
|
|
1890,
|
"
" |
7.307
|
|
1900,
|
"
" |
7.809
|
Morlanwelz ne comptait que
|
71 |
foyers
en
|
1486
|
|
70
|
"
|
1750
|
|
287
|
maisons
en
|
1822
|
|
333
|
"
|
1830
|
|
1.020
|
"
|
1866
|
|
et
environ 1.900
|
"
|
1900
|
D'après le cadastre, des 287 maisons existantes en 1822, 10
étaient à portes cochères, charretières et de magasins, et 127 n'avaient
qu'une porte et une fenêtre. A cette date, Morlanwelz ne possédait en tout que
905 portes et fenêtres du rez-de-chaussée, du 1er et du 2ème étage.
Sa superficie totale est de 962 hectares, 83 ares, 20
centiares.
Etat-Civil.
Nos registres de baptêmes
commencent le 19 avril 1644, de mariages le 5 juillet 1648 et de décès le 1er
janvier 1679. Ce dernier mentionne que le registre précédent a été perdu par
les soldats.
Il en a été dressé une table générale alphabétique par
Mr Th. Bernier d'Angre.
Rues, chemins & lieux dits.
Grand' place, autrefois place
de l'Église. Place du château, emplacement de l'ancien château de Morlanwelz,
plus communément connue sous le nom de place de Castia. Place du préau, citée
dans les documents administratifs : place du pré haut. Place Georges
Warocqué, le Bourgmestre de 1888 à 1899. Grand' rue, autrefois rue
à barrot. Rue fosse à l'eau, endroit où il existait jadis, sans
doute, une fosse à charbon, la fosse Ano. Rue Arthur Warocqué, le nom
du Bourgmestre de 1868 à 1880. Rue Abel Hélin, le Bourgmestre de 1880
à 1887. Rue Argentin, porte le nom d'un ancien chirurgien qui y habitait
: Olivier Argentin. Chaussée Romaine ou Chaussée Brunehault. Quartier
du Waireau, vient de l'héritage des hérauts. Rue de la Potrée, le
long de laquelle on a extrait autrefois de la terre de poterie. Rue de la Grattine,
vient du mot gratter. Rue Portelette, petite porte. Rue du Chêne,
provient d'un chêne qui existait au XVIIème siècle en cet endroit. Rue Polichêne.
Rue Abel, la rue dans laquelle Mr Abel Warocqué a construit une école
gardienne. Rue de l'Ermitage, qui conduit à l'ancien ermitage de
Morlanwelz. Rue Montoyer, le nom du célèbre architecte du château royal
de Laeken, natif de Morlanwelz. Rue du Gazettier, nom de son ancien
propriétaire Wilputte, surnommé le gazetier. Rue du coeur, le
choeur de l'ancienne église donnait sur cette rue. Rue Avertiaux, de
la verte eau. Rue de la Malaise tient son nom de l'ancien château de la
Malaise. Rue du Gazomètre, conduisant à l'ancien gazomètre. Rue notre
dame, aboutissant à la chapelle de Notre Dame de saint sang. Rue de la folie,
Rue Letton, nom de l'ancien propriétaire. Rue de la Chaussée. Rue
fontaine du soldat. Rue des juifs. Rue de la cure. Rue
haute. Rue de l'église. Rue du pont d' arcol. Rue alcalène
.Rue des écoles. Rue de l'hôpital. Rue neuve. Ruelle Saint-Venant.
Rue Delbèque et rue Preud'homme, deux de nos anciens
échevins.
Rue de la belle hôtesse, autrefois ruelle Anique.
Hameaux.

Morlanwelz est
entouré des hameaux de Mariemont, l'Olive, de l'Atelier, de Cronfestu, des
Hayettes et de la Fontaine de Spa.
Désignation des champs.

Les morvaux, le
treau du leux, la marotoire, les chaux buissons, les
coustants, le chêne brûlé, la muletière, les hayettes,
l'olive, les chaufours, le séhut et les ormes.
Enceintes de la forêt.

La forêt de Mariemont
est divisée en de nombreuses enceintes qui sont désignées ci-après :
Enceintes de la fontaine de spa, de la fontaine minérale, du bordage, de
l'étang des hayettes, du hallier, du hargnier, de la forge, des hayettes,
salfeck, de la pipée, de l'infante, Sainte-Anne, Saint-Charles, Saint-Joseph, Saint-hubert, de la faisanderie, de la glacière, du chemin, des briques, du
ruisseau, de la malaise, de la baraque, du chasseur, des épines, de la fontaine
des dames, de la houillère, du kiosque, Saint-Pierre, du pachy Barbet, du grand
fond, du chien, du berger, du marais, du terme à Ramazin, Sainte-Thérèse, du
coursansart, du chemin rouge, de la barrière, de Morlanwelz, du bon dieu, de la
pointe de chemise, de la bouvrée, de l'olive, Sainte-Mathilde, de l'abbaye de
l'olive, de l'abbesse, de la viscagne, de l'épreuve, du chêne, de la bonne
chère, de maringo, du prieur, de la bruyère, du grand rendez-vous, des cent
bonniers, du pavé, de la croix, de la petite route, du verger Bertaut, aux
lapins, de Montaigu, de la pointe, de la chapelle Herlaimont, de la flache des
cannes, de l'Hermitage, de la petite biche, de la grande biche, de la vieille
route, du saint sang, du turc et du placard.
Il existait encore en 1803 sur Morlanwelz 738 boniers de
bois, y compris un petit bois dit de la reine de Hongrie d'un bonier, 100
verges, situé à la limite de Morlanwelz vers Péronnes. ( Extrait du rôle de
la contribution foncière de Morlanwelz, pour l'an IX de la république
française).
Voies de
communication. 
A. Chemins de fer.
Le
territoire de Morlanwelz est traversé par les lignes de chemin de fer suivantes
:
1° la ligne de Baume à Marchienne-au-Pont par Morlanwelz (
ligne de piéton);
2° la ligne d'Erquelinnes à Ecaussines par Cronfestu;
3° la ligne de l'Étoile à Bascoup;
4° la ligne reliant l'usine de Baume-Marpent à la gare de
Mariemont;
5° la ligne reliant le puits Saint-Eloi à Cronfestu.
A ces lignes, on peut encore ajouter le chemin de fer vicinal
de Morlanwelz à La Louvière, avec embranchement à Jolimont, vers Haine-Saint-Pierre
et Manage ( Ce chemin de fer vicinal a été inauguré le 20
Octobre 1891.)
Sur ces différentes voies, ont été établies 6 stations (
ou haltas) de chemin de fer, savoir : Morlanwelz, Mariemont, Cronfestu, Hayettes,
l' Étoile et Bascoup. Ces deux dernières ne servent que pour les marchandises
seulement.
Les lignes de La Louvière à l' Olive ( embranchement au
chemin de fer de Mons à Manage), de l' Olive à l' Etoile, par le plan
incliné, et du puits de la Réunion à la gare de Morlanwelz ont cessé d'
être exploitées.
Trois bureaux de poste et télégraphe : Morlanwelz,
Mariemont et Cronfestu, desservent la localité ( La commune de Morlanwelz
organisa en 1827 un service de messagerie de Morlanwelz à Binche. Elle nomma un
messager qui ne pouvait percevoir que 4 cens pour port de lettres, etc.).
B. Routes.
En 1824, nous avions 12.970 aunes de routes
réparties en 7chemins. D' après l' atlas des chemins vicinaux dressé en 1845,
il existait à cette époque, 54 sentiers et chemins d'une longueur totale de 34.975 mètres et établis sur une superficie de 27 hectares, 10 ares, 86
centiares de terrain.
Les principales routes encore existantes dans la localité
sont :
1° la Chaussée Romaine ou Chaussée
Brunehault, de Maastricht, à
Bavay, qui longe son territoire sur une étendue de 5.540 mètres et qui avait
autrefois 30 aunes de largeur.
Partie de cette chaussée forme la route provinciale
concédée de Binche à Morlanwelz. Cette route décrétée le 2 avril
1848 fût pavée la même année, d' après un devis de 188.536 fr. Un arrêté
Royal du 29 Décembre 1849 en accorda la concession à la veuve Louis Ghislain
de Fontaine-l' Évêque.
2° La chaussée de Mariemont à Soignies créée pour donner
des débouchés à l' agriculture et aux houillères du pays d' Houdeng ( qui
étaient extrêmement languissantes) et à seule fin de se relier à la route de
Bruxelles, fut achevée en 1775 et coûta 442.175 livres aux États du Hainaut.
Après avoir délibéré pendant plus de 20 ans, les
intéressés de ces houillères résolurent de se relier à la route de
Bruxelles. Marie-Thérèse leur permit de construire un pavé depuis le
"cerisier" à Saint-Vaast jusqu'à la traverse du "petit
chapon" au coin du bois de Naast, à 100 verges de Soignies.
L' industriel, employé à cette construction, fit faillite.
Les intéressés décidèrent alors les États du Hainaut à faire la chaussée au
lieu et place de l'entrepreneur, à l'aide d'un octroi nouveau, autorisant
ceux-ci à percevoir un patard au muid de charbon qui s'extrayait des fosses de
Houdeng, La Louvière, Le Roeulx, Sars-Longchamps et autres qui s' exploiteraient
par la suite.
Des lettres patentes du 29 Mars 1785 permirent aux États de
continuer la chaussée depuis "Le Cerisier" jusqu'à la route de
Nivelles.
Enfin, plusieurs routes ou chemins relient encore Morlanwelz
aux localités voisines et à ses principaux établissements industriels.
C. Rivage de Mariemont.
Anciennement, deux chemins de
fer partant, l'un des houillères de Mariemont, l'autre des houillères de
Bascoup, amenaient les charbons au bassin de Bellecourt ou rivage de Mariemont
(embranchement du canal de Charleroi à Bruxelles).
Le premier était souterrain depuis l'endroit dit : trou à
chat, près de l'ancienne Abbaye de l' Olive jusqu'au hameau du bois de
Bellecourt et rejoignait le second à la baraque Horlain. Ces voies ferrées
sont supprimées depuis de nombreuses années. Des chemins vicinaux occupent
l'emplacement de cet ancien railway dont la partie souterraine subsiste encore.
Hydrographie.

La commune de
Morlanwelz est bâtie à l'Est de la crête de partage des eaux de la Meuse et
de l' Escaut, ou, si l'on veut, de deux affluents de ces fleuves : la Haine et le
Piéton. Cette crête court du Nord au Sud et se rattache au Sud-est d'Anderlues, à une autre crête se dirigeant à peu près du
Nord-est au Sud-ouest laquelle, dans sa partie Sud-ouest, continue à faire le partage des
eaux de l' Escaut et de la Meuse, tandis que dans sa partie Nord-est elle fait
le partage des eaux de la Sambre et du Piéton, tous deux affluents de la Meuse.
Son territoire est arrosé par :
La Haine, formée par trois ruisseaux qui naissent sur les
territoires d'Anderlues et Carnières.
Le ruisseau de l'Olive qui alimentait autrefois les étangs
de l' Abbaye de ce nom.
Le Ry du Bois venant du lieu dit : fond de l' ermitage.
Morlanwelz possède également des sources d'eau ferrugineuses connues sous le
nom de sources minérales de Mariemont. Nous en parlons dans une brochure
spéciale éditée, en 1898, par l'imprimerie Van Remoortel, à Binche.
Géologie.

Feu Mr Alphonse Briart, notre ancien
conseiller provincial et communal, donne les renseignements qu'on va lire sur la
constitution géologique du sous-sol de Morlanwelz.
" La commune de Morlanwelz est traversée par la vallée
de la Haine, dont le Thalweg se trouve, à son entrée sur le territoire de la
commune, à la limite de Carnières, à l'altitude de 104 mètres, à sa sortie,
à la limite de Haine-saint-pierre, à l'altitude de 84 mètres. Deux vallées secondaires se rattachent vers l' Est, à cette vallée principale: l'un assez
simple, au sud de l' agglomération principale, se dirige vers le puits d'
extraction de Sainte- Henriette, l'autre, au Nord, comportant plusieurs
ramifications, occupe la plus grande partie de la forêt de Mariemont. Ces
vallées apportent à La Haine quelques faibles affluents provenant de quelques
sources et des galeries d' écoulement ou des machines d' épuisement des
charbonnages. A l' Ouest de La Haine s' élèvent quelques plateaux dont les
altitudes ne dépassent pas 117 mètres, tandis qu'à l'Est se trouve la crête
de partage des eaux de la Meuse et de l' Escaut, dont l'altitude atteint sur le
territoire qui nous occupe 178 mètres".
"Le sol de la commune est constitué par le terrain
houiller, recouvert à l'Ouest par des terrains crétacés et à l' Est par des
assises tertiaires. Les parties les plus élevées, tant à l' Ouest qu' à l'
Est, sont recouvertes de quelques lambeaux de terrain quaternaire, tandis que dans
le fond de la vallée se trouvent quelques dépôts d' alluvions modernes".
Le terrain houiller affleure sur une grande partie du
territoire de la commune, mais affecte surtout de se montrer sur les versants
Est et Sud des vallées. Constitué par des schistes, des psammistes et des
grés, il renferme les couches de houilles grasses et demi-grasses de qualité
supérieure, qui ont établi, d' ancienne date, la réputation des charbonnages
de Mariemont. Ces couches font, du reste, partie du faisceau si renommé du
bassin du Centre".
Les terrains crétacés sont de nature assez complexe. Ils
sont formés d'une partie des systèmes nervien et sénonien de Dumont. En voici
les différentes assises en allant du bas en haut :
Système nervien. Il comprend:
1° Dièves à Inoceramus mytiloïdes. Ce sont des
argiles marneuses grises, de composition assez uniforme et compactes. Elles ne
sont guère connues que pour avoir été traversées par les puits du siège d'
exploitation de Saint-Eloi."
2° Fortes-toises, marnes sableuses, bleues, très
glauconifères, renfermant des concrétions siliceuses gris blanchâtres que
les mineurs nomment ordinairement têtes de chat . On les voit en
affleurement vers la limite de Haine-Saint-Pierre, sur le versant nord de la
vallée.
3° Rabots, caractérisés par l' abondance du silex, quelque
fois en rognons isolés, d'autres fois en bancs continus. On en voit quelques
lambeaux à l' Ouest de la rivière, mais on peut principalement observer l'
assise au-dessus des Fortes-toises, vers Haine-Saint-Pierre. De cette assise, éminemment
perméable, sortent des sources nombreuses au village de Carnières,
le long de la Haine.
Ces couches font partie du quatrième étage crétacé de
Mrs Briart et Cornet. Il leur manque, pour être au complet, les couches à Pectem
asper, qui ne se trouvent qu'à plus grande profondeur vers l' Ouest et le
Sud, et la craie grise de Mézières ou gris des mineurs, qu'on retrouve
cependant en amont et en aval, c'est-à-dire dans les communes de Carnières et
Haine-Saint-Pierre.
Système sénonien. Il n'est représenté que par la
craie blanche inférieure ou de Saint-Vaast, dont on remarque de nombreux
affleurements, principalement au hameau de Cronfestu le long de la chaussée
Brunehault, où elle donne lieu à d' importantes exploitations pour la
fabrication du ciment.
Les terrains tertiaires se montrent principalement sur
les hauteurs de la rive droite formant la crête de partage. Ils appartiennent
à l'éocène inférieur et à l' éocène moyen et se rapportent
aux systèmes landeniens, yprésien et bruxellien de Dumont.
Système landenien. Il est constitué par un sable pur
gris bleuâtre quant il n'est pas atteint par l'altération, ce qui lui donne
une teinte rouillée plus ou moins foncée. Il est très recherché à cause de
sa nature peu argileuse, pour usage de fonderie. D'assez importantes
exploitations se voient, sur la rive gauche de La Haine, au voisinage du puits
d'extraction de Saint-Eloi. D'autres ont été ouvertes, mais sont actuellement inactives, en différents endroits de la forêt de
Mariemont. C'est
la partie supérieure du landenien marin de Dumont. Le landenien
fluvio-marin, si bien développé à Carnières, n'a pas encore été
signalé sur le territoire de la commune de Morlanwelz.
Système yprisien. Il est connu en géologie sous le
nom d'argilites de Morlanwelz. Mrs Briart et Cornet l'ont divisé en quatre
assises qui sont, en commençant par le bas :
I. Argiles et Argilites inférieures. Les argiles sont
bleues, quelquefois presque noires et ligniteuses; les argilites sont des
concrétions en bancs plus au moins continus, calcareuses et plus ou moins
chloritées.
II. Sables et grés du bois de Peissant, ainsi nommés
parce qu'ils sont surtout bien développés dans cette dernière localité. A
Morlanwelz, l' assise se compose d'un sable très fin, micacé et gris bleuâtre
quand il n'est pas altéré.
III. Argilites supérieures, qui sont à peu près de
même nature que les argilites inférieures, mais qui renferment un fossile, Nummulites
planulata, que l'on ne rencontre que dans ces dernières.
IV. Sables à nummulites planulata, qui ne renferment
plus de concrétions argiliteuses et où ce fossile devient parfois très
abondant.
Le système yprésien est surtout bien développé sur la
rive droite de La Haine, où il constitue la masse principale des collines de la
forêt de Mariemont. Il est recoupé presque complètement dans la tranchée de
la station de Morlanwelz. Sur la rive gauche, on ne le retrouve qu'en dehors des
limites de la commune.
Système bruxellien. Il couronne les hauteurs de la
rive droite dans la forêt de Mariemont, où il donne lieu à d'importantes
exploitations, entre autres près du prieuré de Montaigu. Il est constitué par
un sable plus grossier que les sables yprésiens, de couleur verdâtre, et
renferme une grande quantité de concrétions blanchâtres, siliceuses et
calcareuses, en bancs plus au moins continus et de formes bizarres, auxquelles
on a donné, aux environs de Bruxelles, le nom de pierres de grottes.
C'est à la base des sables bruxelliens que se trouve la
principale nappe aquifère de notre pays. C'est elle qui alimente la
distribution d'eau de Morlanwelz (La distribution d'eau a été installé en
1877. Elle compte actuellement plus de 450 abonnés).
Quant aux terrains quaternaires, Ils sont formés de limon
hesbayen sous ces deux aspects principaux, ergeron et terre à briques, que tout
le monde connaît et dont il est inutile de faire la description.
Les terrains modernes sont formés des détritus des
différentes roches que nous venons de décrire et que les actions météoriques
ont accumulés sur les pentes et principalement en quelques parties basses de la
vallée, où ils affectent une disposition horizontale et de nature quelque peu
tourbeuse.
Château
féodal. 
Vers le IXème siècle s'élevait
aussi sur notre territoire un château féodal construit aux confins de la
forêt charbonnière, pour arrêter l'invasion des hordes barbares. L'auteur de
la présente a fait éditer à ce sujet une brochure spéciale qui figure dans
les annales du Cercle archéologique de Charleroi tome XXI.
Autour de ce castellum - dont il reste peu de vestige
- se
groupèrent nos populations, lesquelles donnèrent probablement naissance à
notre agglomération, le noyau originaire de Morlanwelz.
Seigneurie.

Morlanwelz
possédait aussi quelques fiefs vers cette époque, dont le plus important
était la Seigneurie foncière de Mervaux.
Si nous ajoutons foi à ce que nous ont dit nos fermiers
labourant les terres des Morvaux (nom à peu près analogue à celui de "Mervaux"),
au sujet des fragments de poterie découverts, le Seigneur de Mervaux aurait
peut-être bien pu habiter en cet endroit. C'est ce que les fouilles et
recherches de nos savants éclairciront peut-être un jour.
On y trouvait aussi la Seigneurie de Jehan Machars (Mémoires et publications de la Société des sciences, arts et lettres du
hainaut. Années 1889 - 1890). L'Administration de ce dernier avait pour
Mayeur, en 1341, Colars li Tourneres. Pour passer les actes de cette
Seigneurie, on empruntait les Échevins de la commune.
Ancienne juridiction
civile. 
D'après certains
auteurs, les premiers fondements de l'agglomération de Morlanwelz doivent avoir
été jetés vers le IXème siècle, d'autres les font remonter au XIIème siècle
à eustache 1er de Roeulx dit le Vieil, qui possédait d'immenses domaines dans
le Hainaut.
Il est fort difficile de se prononcer sur cette
contradiction, tout ce qu'il nous est possible de certifier, c'est qu'au XII ème
siècle, comme nous l'avons déjà dit, Morlanwelz était un ancien alleu de Trazegines. Quoique faisant partie du Hainaut à cette époque, il était
considéré avec le Piéton, comme village frontière, et immédiatement
en-dessous de Piéton se présentait Fontaine-l'Évêque, dont les évêques de
Cambrai et de Liège se sont de tout temps disputé la juridiction.
Le village de Morlanwelz dépendait jadis de la prévôté de
Binche, et l'on y suivait la loi du Roeulx et plus tard la coutume de Mons.
En 1263, Eustache du Roeulx, chevalier, le donna à Gui,
comte de Flandre et marquis de Namur, de qui il le retint en fief.(Dictionnaire
du Hainaut, par Bernier, page 404)
Morlanwelz était autrefois un village situé à la limite du
pays de Lomme. Il était considéré avec le Piéton comme village frontière : Tout
si cum ils gisent entre la pierre grise et le haute forest de Morlainwes, par
devers la Hayne, joignant à la conté de Namur. (Charte de 1263 de
Reiffenberg, Monuments, Tome I, page 148)
C'est par erreur qu'un autre texte du XIIIème siècle la
place à la limite du Hainaut et du Brabant : Quod ad locum quemdam, in
confini bus Hannonioe et Brabantiae se transferret propre villam quae Morlanwelz
dicitur.
Au XIIIème siècle l' Abbie de l' Olive et Morlainwez se
trouvaient sous la juridiction des prévôts de Binche.
Au XVème siècle, Morlanweis et le prieuré de Montaigu
relevaient de la même juridiction.
Il en était encore de même au XVIIème siècle de l'Abbaye de
l' Olive et du Château Royal de Mariemont.
Un document de 1373 mentionne le maïeur de Morlanwelz,
Baudhuin le Haubirgeur, (Celui-ci était probablement le fils d'Ostelet le
Haubirgeur qui fût chargé en mai 1337 de priser tout le "fier" de
guerre, de tournois et de joûtes qui se trouvait au château de Morlanwelz.)
Le village de Morlanwelz compris dans le canton de
Fontaine-l' Évêque, le 21 fructidor an III de la république française, en
fût détaché en l'an X, pour être incorporé à celui de Binche, dont il fait
encore partie.
En l'an XIII, l'arrondissement communale a reçu en
accroissement les communes d'Anderlues, Carnières, Haine-saint-pierre,
Mont-Sainte-Aldegonde et Morlanwelz.
C'est à tort que certains auteurs ont avancé que Bellecourt
est un ancien hameau de Morlanwelz. Ils ont conclu de ce qu"antérieurement
au XIXème siècle les habitants de Bellecourt étant inhumés dans le cimetière
de Morlanwelz, Bellecourt devait être une dépendance de Morlanwelz.
C'est une erreur, et on en trouve la preuve dans nos
registres paroissiaux mentionnant que Gille Dupire, mayeur de Bellecourt est
décédé le 14avril 1738. Il résulte de plus, d'un acte d'arrentement du 21
mai 1639, de deux parties d'héritage à Bellecourt, fait au frofit de Barbe
Wastellain veuve de Baulduin de Leauwe, demeurant au dit lieu, que Philippe de
Quertaymont est cité comme mayeur, et le sont comme échevins: Mathieu Gilliart,
Bauldhuin Simon, Georges Rolly et François du Jardin établi échevin par le
payeur, pour la passation du dit acte.
Ce document est le seul souvenir que le dépôt des archives
de l'État à Mons, conserve de cette Commune.
Le greffe scabinal des années 1651 à 1794 est déposé en
l'étude de M. le Notaire Long fils à Fontaine-l'Évêque
Pouvoir communal.

La grande
révolution municipale qui, en Belgique, ne s'annonce d'une manière certaine
qu'à dater du XIème siècle, paraît arriver à son terme sur la fin du XIIIème
siècle. Les circonstances de l' établissement des communes méritent d'être
ici remarquées. Un auteur estimable les résume ainsi : Le grand mouvement que
les croisades et d'autres causes imprimèrent à l' Europe, le prompt
développement de toutes les forces sociales, le besoin d'argent ou de prévenir
des conflits, les exigences toujours croissantes du peuple, l' opposition
souvent arbitraire des seigneurs; enfin et surtout, l' admission et la validité
des témoignages verbaux et l' usage de jour en jour étendu des preuves
écrites, grâce à la renaissance du droit romain et à l' application plus
populaire du droit canon ou ecclésiastique, tels furent les motifs qui
engagèrent les populations et leurs maîtres à codifier les privilèges et
usages communaux.
Par les chartes ou keuren qu'elle obtinrent, les cités fondèrent ou
garantirent les immunités ou franchises qui constituèrent le droit de Commune.
En outre, la loi reprit son empire et la bourgeoisie s' éleva, selon l'
expression d' un écrivain, entre la noblesse et le servage, dans le travail et
l' indépendance.
Le maïeur, les jurés et les échevins choisis dans la
bourgeoisie, étaient avec le bailli ou le prévôt, les fonctionnaires qui
administraient la Commune et qui jugeaient toutes les affaires civiles,
criminelles et de police qui naissaient dans leurs villes.
Chaque Commune avait le droit d' avoir une maison commune ou hôtel de ville,
un sceau particulier et un beffroi. C'était la tour du beffroi qui renfermait
la cloche de tocsin et d'alarme qu'on sonnait pour convoquer les bourgeois.
Ordinairement, elle servait de prison ou de dépôt pour les archives, et même,
à ce qu' il paraît d' arsenal.
Le fonds scabinal de Morlanwelz reposant aux archives de l' État
à Mons, et comprenant une liasse de chirographes de 1381 à 1685 et des liasses
d' actes de 1622 à 1802, nous ont permis d'établir en partie la liste suivante
des personnes qui ont occupé le pouvoir communal de la localité.
Années:
Maïeurs
Échevins:
1287 Colart Pouillons
Francqy de Sourive
Colart Dorez
Jean Brisetieste
Jehan Ly Sausse
Godefroid li Forestiers
1373 Baudhuin le Haubirgeur
1381 Colars li Tourneres
Mikiens Isabelos
Piérars Marchiouls
Gérars li Pannetiers
Colars dou Fays
Jehan de la Cuvignie
1489 Jehan le Parfait
1556 Guillaume Estiérène
Jehan le Parfait
Jehan le Toullou
Colart de Wallaing
Colart de Hove
1536 Jehan le Foulon
1556 Pierre le Merchier
Martin Coppin
Guillome des Mons
Lambert Ghaillet
Jehan Carlier
Jehan Sturbois
Années
Maïeurs
Guillaume Trigalez
1606
Romain Lemercier
1617 à 1637 Ursmer
Trigallé
1633 à 1646 Martin
Delmouzée
1658 à 1670 Baudhuin
Delhaye
1671 à 1674 Jaupin E.M.
1675 à 1689 Jean Pierman
1690 à 1696 Louis-Joseph
Motte
1702 à 1711 P.Pranger
1713 à 1717 E.N Jaupin
1718 à 1720 Nicolas Helin
1721 à 1733 Brouwet
1734 à 1738 Joseph Motte
1739 à 1746 N. -J.
Brouwet
1747 à 1752 N. -J. Godaux
1754 à 1755 Deschamps
1756 à 1759 N. -J.
Brouwet
1760 à 1789 N. -J. Godaux
1790 à 1796 Léopold
Godaux
1800 à 1804 Ghislain-jh
Potie
1805 à 1830 N. -J.
Warocqué (elevé à la Noblesse nationale par Arrêté Royal du 15 août 1829)
1831 à 1836 Joseph Parïs,
décoré de la croix de fer
1837 à 1864 Abel
Warocqué
1865 à 1868 Léon
Warocqué
1869 à 1880 Arthur
Warocqué
1882 à 1886 Abel Helin
1888 à 1899 Georges
Warocqué
1900
Raoul Warocqué
Ancienne juridiction
ecclésiastique. 
La paroisse de
Morlanwelz figurait en 1177 parmi les bénéfices de l' abbaye de
Bonne-Espérance. La donation de cet autel à l'abbaye de Bonne-Espérance, par
Hugues d'Harvengt et son frère Robert, remonte à l'an 1176.
Par charte de l' an 1181. Roger, évêque de Cambrai,
confirma cette donation; ce que Jean II d' Antoing, son successeur, corrobora à
son tour par un acte de l' an 1195.
Dans la liste publiée par Jacques de Guise, Morlanwelz
figure parmi les paroisses du décanat de Binche en 1186.
Au Xème siècle, on trouve le nom de Morlanwelz parmi les
paroisses, qui le jour de la SAINT-MARC allaient en pèlerinage à
l'abbaye de Lobes, pour y offrir la Ban croix, la cotisation et les mailles.
En 1222, une difficulté s'éleva entre les chanoines de
Bonne-Espérance et Godefroy, évêque de Cambrai au sujet des donations de
Hugues et Robert de Harveng. On eut recours de part et d'autre au souverain
Pontife et l' affaire fut terminée à l' amiable par le légat du du Saint
Siège: Guillaume, archevêque de Reims et abbé de Saint-Martin et de Lyon, qui
confirma toutes les donations précédentes à l' exception toutefois de celles
de Feluy et Morlanwelz qui furent cédées à l'évêque de Cambrai.
En 1217, Eustache, seigneur de Roeulx, donna aux dits
chanoines comme don pieux et comme perpétuelle alliance le dixième de toutes
ses récoltes présentes et futures sur la paroisse de Morlanwelz à condition
de célébrer à perpétuité un anniversaire pour lui et ses ancêtres.
Au XIVème siècle, la taxe de la cure de Morlanwelz,
s'élevait à 30 livres.
Dans la liste des Archidiaconés du Hainaut et de
Valenciennes avec leur division en décanats antérieurement au XVIème siècle,
on trouve Morlowes, Morbennes, Merlauwes, Morlanwel.Morlanwés et" Capella
de Bellecourt in ejus parochia, cui faciunt deservire scabini loci" dans le
décanat de Binche, Morlanwelz, ayant Saint-Martin pour patron, était taxé XXX
livres et avait pour collateur, ainsi que nous l'apprend Delecourt, l'abbaye de
Bonne-Espérance.
Au XVème siècle, l'autel de Morlowes figurait dans le
décanat de Binche, comme l'indique le tableau donné par Mr Duvivier dans ses
recherches sur le Hainaut ancien.
La mairie héréditaire de Thieu formait un fief ample
consistant en rentes assises sur divers héritages en cet endroit. Antoine
Caudrelier, qui le tenait, au XVIIème siècle, en partageait les produits avec le
chapelain de Morlanwelz.
En 1779, Morlanwelz faisait encore partie du décanat de
Binche.
En 1515, le receveur royale de Binche voulut imposer les terres que l'abbaye de
Bonne-Espérance possédait sur Morlanwelz, l'affaire fut portée devant le
conseil général du Hainaut qui statua en faveur des révérends chanoines.
En 1541, les chanoines prémontrés du dit Bonne-Espérance,
achetèrent la maison de Guillaume de Glimes in Gistoux avec toutes ses
dépendances situées à Hayelette, son parent Guillaume Estevene voulut
s'y opposer, mais il fut condamné par le tribunal de Mons.
En 1285 l'abbé de Bonne-Espérance acheta la maison
pastorale de Morlanwelz.
Il céda à Simon Lambrecq une habitation avec le jardin y
tenant sous la porte du château de Morlanwelz.
En 1481, il est fait mention que le dit abbé possède aussi
une maison et un jardin près de l'habitation du pasteur de Morlanwelz.
Sur son consentement, la maison et le jardin de Simon
Lambrecq près de la maison du pasteur de Morlanwelz fut chargée d'un cens de
20 sol.
En 1520, demoiselle Joanna Collinet céda, avec une redevance
annuelle de 100 soldes d' argent, une maison, un magasin, une étable et un
jardin de 6 bonniers environ à Nicolas de Walhain, sur le dessus de plateau de
Morlanwelz, sous l'obligation d'une messe.
En 1520, Guillaume Estevene, Jean de Trezegnies et Jean
Marret, cèdent à l'occasion de l' anniversaire de demoiselle Catherine de
Hoves, 10 livres de revenu annuel, en outre 4 journels de près et d'autres
biens à Morlanwelz.
En 1536, F. Nicaise De Belle acheta un revenu annuel de 30
sol au dessous de la maison de Stéphane Gilloy sous le château de Morlanwelz
le long de la rivière de La Haine et le donna à la Fabrique pour son
anniversaire.
En 1539, F. Nicolas De Belle céda à la fabrique un revenu
de XII sol au-dessus de la maison et du jardin de Stéphane Gilloy cité plus
haut sous charge d'une messe solennelle.
En 1785, le desservant avait un revenu de 913 florins 13
sous.
Le 24 vendémiaire an XII le décanat de Binche fut ainsi
constitué: Anderlues, Buvrinnes, Carnières, Leval-Trahégnies ,
Mont-Sainte-Aldegonde, Mont-Sainte-Geneviève, Morlanwelz, Ressaix,
Vellereille-le-Brayeux et Waudrez. Depuis lors, aucune modification n'a été
apportée dans la circonscription ecclésiastique du décanat de Binche.
Archives ecclésiastiques
déposées à Mons. 
Morlanwelz, six
comptes 1563-1778: criées des biens de la chapelle de Saint-Nicolas; liasses de
pièces concernant le bénéfice de la chapelle Saint-André; déclaration du mambour
et receveur de la confrérie du Saint-Sacrement, 1786; liasse de baux de terres
de la cure, des pauvres et du bénéfice Saint-André affermés aux Gouverneurs
généraux, pour le service de leur chasse de Mariemont 1784; compte des pauvres
1666-1792; cahier des obits fondés à la charge des biens des pauvres; liasse
des criées des biens des pauvres, 1684-1791.
Anciens biens d' Abbayes.

Les abbayes
voisines possédaient des biens considérables à Morlanwelz, et les pauvres y
jouissaient de quelques revenus.
En 1178, Eustache dit de Ruez ( Roeulx) donne pour le
repos de son âme et de celles de ses ancêtres aux pauvres de l'hôpital de
Jérusalem, une rente de 5 sous, à recevoir chaque année, à la Noël, sur son
cens de Morlanwelz.
L'abbaye de Bonne-Espérance était propriétaire de 23
bonniers de terres sises à Morlanwelz qui lui avaient été donnés en partie
vers 1205.
L' abbaye de l'Olive et la commanderie de Piéton y
avaient aussi quelques propriétés foncières.
En 1356, on mentionne le mambour des pauvres se
Saint-Nicolas, à Morlanwelz, qui devait payer à la recette du domaine comtal,
à la Noël, un chapon et un charlet d' avoine, à titre de reconnaissance sur
les héritages légués aux pauvres de cette localité et pour le droit de
tonlieu. D'un autre côté, cet administrateur prélevait chaque année, au
profit de l'institution charitable 4muids de blé sur les revenus provenant de
la banalité du moulin de la Seigneurie.
L' oratoire de N. D de la Fontaine, au Roeulx, possédait
deux bonniers de terre à Morlanwelz.
Les dîmes que percevaient l'abbaye de Lobes, s' étendaient
sur 34 localités; cette abbaye touchait 1000 livres à Morlanwelz en 1794,
c'est-à-dire que les deux tiers de la dîmes se prélevaient à son profit.
Jean Jacques Baligand et Jean Joseph Jacquier, arpenteurs
jurés, pendant les années 1726 et 1727, mesurèrent les terres de l' abbaye de
Lobes. Dans leurs travaux, on remarque les plans des terres sises à Morlanwelz,
Péronne et Trivières.
D'après un inventaire dressé le 12 mars 1793, par le magistrat de
Binche, l'hôpital Saint-pierre dans cette ville possédait alors 226 bonniers
de terres situés à Morlanwelz, Saint-pierre , les Estinnes. Ce registre est
précédé d'une table des localités; Morlanwelz, Anderlues et Fontaine-l' Évêque
y figurent.
D' après une déclaration produite en 1787 au Gouvernement
par le chapitre de Saint Germain, à Mons, celui-ci possédait quelques biens
fonds à Morlanwelz.
Le chapitre de Saint-Ursmer à Binche, en possédait
également à Morlanwelz.
En 1785, les tables du Saint-esprit et du Béguinage étaient
reconnues propriétaires de 43 bonniers et demi de terres et d'un revenu total
de 982 florins 12 sous.
Enfin, 28 bonniers 2 journels de terres et de prés, loués
en 1787, 324 florins 11sous, appartenait encore au chapitre de Binche. En 1679,
un différent surgit entre le chapitre de Binche et le clergé du Hainaut,
relativement aux saisies-arrêts de la dîme à Morlanwelz et des lieux
circonvoisins, du chef d'une somme de 6975 livres que les chanoines de
Saint-Ursmer devaient pour leur cotisation ordinaire et extraordinaire, du 1er
septembre 1666 à pareil jour 1678.
Il existait autrefois à Morlanwelz plusieurs chapelles ou
bénéfices ecclésiastique dont voici l' énumération:
-
Le Béguinage;
-
La chapelle
castrale;
-
La chapelle de
Bellecourt;
-
La chapelle de
Mariemont;
-
La chapelle de
Notre-Dame;
-
La chapelle de Saint-Nicolas.
Pierre tombales de l'ancienne
Église. 
L'ancienne
église, démolie en 1865, désignée par plusieurs auteurs, et notamment par
Vinchant, comme celle qui fût construite au XIIIème siècle à l'aide des
largesses de la veuve d'Eustache III , renfermait quelques tombes conservés
dans le vieux cimetière qui entoure l' église actuelle, parmi lesquelles nous
citerons celles de:
-
Guillaume
Trigalez, maïeur de Morlanwelz
-
Romain Lemercier, maïeur de Morlanwelz
-
Frère Mathieu Lefebvre
-
Jacqz Rombaulz
-
Ursmez Trigalé, maïeur de Morlanwelz
-
Marguerite Seurman
-
Bartholomé
Ricoyier, consièrge des palais de Binche et
de Mariemont
-
Jean de Saint-paul, colonel de cavalerie
8°bis Jean François Delval, médecin licencié
-
Baudhuin Delhaye, maïeur de Morlanwelz
-
Jean
Hosselet, chapelain de la maison royale de
Mariemont
-
Urbain et Ernest de Brisoila, père et fils, baron de
Chanclos
-
Duvivier François
-
François L ibert, receveur des états du Hainaut pour
la recette de Morlanwelz
-
Michel Du Coeur
-
Marie Joseph Dethuin
-
Fontaine N.J. contrôleur et concierge de la
maison royale de Mariemont
-
Alexendre-Thomas Brouwet, écuyer, receveur des
seigneurs des États d' Hainaut
-
Guillaume-Joseph Lelong, reparieur des ouvrages du
château royale de Mariemont
-
Pierre
Lison, curé de Morlanwelz
-
Philippe
Goffaux, curé de Morlanwelz
-
L.G. Monnoyer
-
Domini Frère Hermannia Comian
-
Jaupin
La bruyère de Montaigu.

La bruyère se
Montaigu a fait d'un acte du 18 février 1771, qui se trouve aux archives de l'État,
à Mons, annexé au dossier d'un procès jugé par le Conseil Souverain.
Cet acte est ainsi conçu:
Entre Sébastien Henri Gilbert, Conseiller du Conseil des
domaines et finances de S.M. et les maïeurs et échevins, notables et gens de
la communauté de Morlanwelz près de la maison royale de Mariemont convoqués
pour la seconde fois avec les formalités ordinaires et usitées d'autre part
ont été convenu et arrêté sous l'agréation de son Altesse Royale les
points et articles suivants: 1° Ayant été résolu de convertir en bois la
bruyère de Montaigu vulgairement dite Commune de Morlanwelz dont la propriété
appartient à S.M. tous et un chacun des habitants du dit Morlanwelz s'
abstiendront dès à présent et pour toujours d'y envoyer ou mener pâitre
leurs bestiaux ni y couper aucune herbes, raspes ou bois quelconques sous les
peines portées par les ordonnances contre de pareils délits.
2° La reconnaissance annuelle qui s'est payée jusqu' ici à
S.M. à chaque bête paturante sur la dite bruyère viendra à cesser et il sera
payé en outre sur la recette de ses domaines de Binche une rente annuelle de
400 livres, monnaie de Hainaut rachetable au dernier 25 à charge que les
habitants de cette communauté se conformeront exactement au prescrit du 1er
article ci-dessus et qu'il ne réclameront jamais aucun droit sur la dite
bruyère soit à titre de communauté ou d'ancien usage ou sous quel autre
prétexte que ce puisse être.
3° Il sera cédé de plus à la communauté l' emplacement
du grand château de Morlanwelz, lequel terrain sera séparé de celui du petit
château par une ligne droite à tirer du coin de la porte de la maison du Curé
un vieil arbre de peuplier qui se trouve à l'extrémité du dit terrain, bien
entendu que les maisons qui ont été bâties sur une partie de terrain du grand
château continueront d'appartenir avec le terrain y annexé aux particuliers
qui ont obtenu la permission de les bâtir sous les reconnaissances qui leur ont
été imposées au nom de S.M. et que la communauté de Morlanwelz paiera de son
côté à la recette domaniale de Binche pour le restant du terrain du grand
château mentionné ci-dessus une reconnaissance annuelle d'un chapon dont le
prix se règlera sur le pied de la fraction en coq de grains.
Palais royal de Mariemont.

Nous ne parlerons pas plus du palais
Royal de Mariemont que des eaux minérales, ni de nos anciennes industries, nous
nous bornerons à renvoyer aux ouvrages que nous avons fait éditer sur chacun
de ces sujets intéressants.
Faits historiques.
Il nous reste peu de chose à dire de
Morlanwelz; son histoire, liée en grande partie à la grandeur et aux
vicissitudes de son palais Royal, a été presque entièrement retracée par ce
que nous avons fait paraître à ce jour.
Nous nous bornerons donc à
rappeler les faits qui n'ont pu jusqu'ici trouver place dans nos travaux.
1204. Donation faite à l'Abbaye d'Alne par Eustache, sire se
Roeulx, pour le repos se son âme et de celles de ses ancêtres de 4 journels
environ d'un alleu près de l'endroit appelé Morvas ( connu de nos jours
sous le nom de Morvaux) proche du chemin allant de "Morlanwès à Péronne.
1257. Hugues de Morlanwelz était chanoine de St Vincent
à Soignies en 1257.
1299. Jean II d'Avesnes, Comte de Hainaut, par charte de l'an
1299, donne " cink bonniers de tière ki sont en la poësté de Haynne
Sainct Pière, lesquels tière fu monsigneur Waltier le priester de Morlanwelz
à Nicole de Housdaing."
1364. Le jeudi avant la St-Barthelemi, le duc de Wenceslas
passa à Morlanwelz se rendant à Binche. Il était escorté par 172 hommes
d'armes sous la conduite du bailli libert. de Liroul.
1380, Jeanne, duchesse de Brabant, se rendant à une "fieste
de joutte" qui se célébrait à Mons le 9 avril 1380, et à laquelle prit
part son époux, passa par Nivelles, Morlanwelz et Binche.
1416. Jean de Bray est cité comme châtelain de Morlanwelz
à cette époque.
1489. les français se livrèrent aux plus grands excès à
Morlanwelz. Le mayeur Jean Le Parfait eut ses maisons brûlées et ses champs
dévastés; " le censeur de la cens et terrage du château" le menier
Piérart Delcantbe et beaucoup d'autres subirent des dégâts considérables.
1542-1549. Charles Quint accorde la permission à Marie de
Hongrie de charger le domaine de Binche jusqu'à la somme de 1200 livres, somme
qu'elle a employée au rachat du moulin de Morlanwelz qui faisait partie du
domaine de Binche et que le souverain avait aliéné pour subvenir aux frais de
la guerre.
1543. Charles Quint résolut de porter le théâtre de ses
opérations militaires dans le Nord de la France. Son armée s'avança
rapidement vers le Hainaut et de nombreux détachements capèrent à Binche et
aux environs, surtout à Morlanwelz, avant de prendre la route de Landrecies,
place forte, dont l'Empereur voulait faire la base de ses opérations.
1572. don Fabrique de Tolède défit les troupes du
Taciturnes à Harmignies. Pendant leur séjour aux environs de Binche, les Gueux
avaient pillé incendié et dévasté la plupart des communes avoisinantes,
Morlanwelz fut au nombre des communes les plus éprouvées.
C' est ainsi que l' Administration du domaine de Binche fit
à Thomas de le Mouzée "censeur" du moulin de Morlanwelz une remise
de 5muids de blés, en considération de ce que, du 22 au 27 septembre 1572, les
gens de guerre avaient journellement passé et repassé dans ce village, il
avait été forcé d'abandonner son usine à cause du pillage des rebelles.
1598. Dans la liste des religieux du Val des écoliers à
Mons on remarque qu' à cette époque il y existait à cet établissement
Nicolas Jaupin et Charles Merchier de Morlanwelz.
1635. Cette année deux régiments allemands du corps de Piccolomini
vinrent planter leurs tentes aux Estinnes. Ces soldats ravagèrent, pillèrent
et emportèrent tout sans miséricorde des censiers tant de Sa Majesté qu' autres
aux environs de Binche et Mariemont jusque Seneffe.
1674. La bataille de Fayt, improprement appelée bataille de
Seneffe, se livra à proximité de Morlanwelz, et nombre de morts trouvèrent la
sépulture sur notre territoire, des camps de passage furent établis à
Morlanwelz, les 14, 15, et 16 mai 1674.
1689. Naissance de Michel Decoeur, le 23 février, renseigné
dans le nécrologe de l'Abbaye de Villers.
1689. Le 1er mai, Dreux Louis Drugues, chevalier, seigneur de
Baigneuls, intendant des armées françaises en Flandre, par une ordonnance
datée du camp de Piéton, obligea la ville de Binche et les villages voisins à
fournir 284 vaches aux troupes commandées par le duc d' Humières, Morlanwelz
fût imposé pour neuf vaches.
1690. Après la bataille de Fleurus, le maréchal de
Luxembourg fit marcher son armée sur la haine. LE 17juillet, l' armée campa
sur deux lignes, près de cette rivière, la droite près du village de Piéton
qu'elle avait derrière elle, la gauche près de Gouy, le ruisseau du Piéton
ferrière le camp de Trazegines pour quartier général.
1691. Au mois de septembre, durant la marche du maréchal de Luxembourg
de Strée ( Strée-lez-Beaumont) à Feluy qui se fit sur 6colonnes, la 5ème
colonne passa la Sambre sur un pont construit au dessous de La Buissière, de
là gagna le " chêne al bataille" et Merbes-Sainte-Marie, celle-ci
composée des bagages du quartier général de cavalerie et d' infanterie prit
le chemin qui conduit à Binche, laissant ensuite Binche et Bonne-Espérance à
gauche, elle passa auprès de la hutte et traversa le chemin de Binche à
Ressay, pour pour aller gagner celui de Binche à Morlanwelz qu' elle suivit
jusqu' auprès de Chaufours; quand elle fut près de ce village, elle alla à
travers champs passer aux Aunières, de là au Hêtre, d' où laissant Fayt à
gauche, elle se rendit dans la plaine du camp.
1692. L' armée de Luxembourg se rendant au siège de
Namur, passa La Haine entre Mariemont, sous Mariemont et Maurage, et campa le
soir entre feluy et Arquennes.
1693. Le 10 septembre, l' armée française qui venait de Soignies,
se porta de Haine-saint-pierre sur Vanderbercq; cette marche se fit sur
6colonnes.
La deuxième colonne passa à Carnières à la cense du
Beau-regard et continua sa marche jusqu' à hauteur de Capelle-à-herlaimont,
où fut le camp. L' artillerie qui était à Morlanwelz, prit la tête de
cette colonne.
La quatrième colonne entra dans le parc de Mariemont par la
porte de Vragny suivi l' allée qui va à Montaigu et prit ensuite le chemin qui
va à Capelle-à Herlaimont pour y camper.
La cinquième colonne passa au coin du parc de Mariemont
qu'elle laissa à droite et qu'elle côtoya jusqu' à hauteur de l' Abbaye de l'
Olive, et entra dans le camp entre le château Vanderbecq, Gouy-lez Piéton et
Capelle-à-Herlaimont, où fut le camp.
La sixième colonne, dont la maison du Roi formait la tête,
gagna la hauteur de Hardémont et de là à Jolimont, qu' elle laissa à gauche;
elle prit ensuite le chemin qui mène au village de La Hestre, qu'elle laissa à
droite, ainsi que Bellecourt, pour aller droit dans la prairie des sept
douleurs, où elle entra dans le camp.
Cette marche terminée, l' armée campa sur deux lignes, la
droite à Ubay, la gauche au prieuré d' Herlaimont, ayant le ruisseau de
Piéton derrière le camp et le château Vanderbecq pour quartier général.
1695. Des relations avec les hôtes puissants de Mariemont,
l'on voyait parfois un jeune homme du village s'élever à un rang supérieur:
tel fut Charles Wastelain, né à Morlanwelz le 25septembre 1695 et non à
Maroilles comme le dit Feller.
1707. Une affaire d'arrière garde eut lieu près de l'
Olive, le 13août 1707, entre les troupes de Alborough et les français
commandés par le duc de Vendôme.
1717. Un incendie détruisit 9 maisons dans la rue à barot
(grand rue), dans la nuit du 24 au 25 août et y consumait un homme et trois
enfants.
1751-1771. Les comptes communaux renseignent:
1° qu' il a été payé 7 livres à Jean-François Bosquet
pour 2 moë de bois livrées pour faire le feu de joie, le 28 juin 1751,
en réjouissance sur la Prusse par notre prince Charles.
2° Qu' il a été payé 5 livres à Emmanuel Ransart pour
logement du régiment de Salme et Domise en l' an 1759.
3° Qu'il a été payé en 1771, 20 livres à la V e Martin
Daucot, pour avoir livré un tonneau de bière à la communauté, bue en
réjouissance d' une victoire de guerre.
1790. Le 30 juin, les habitants de Binche, Morlanwelz, La
Hestre, Bellecourt, au nombre de 4 à 5000 allèrent à Mons se mettre à la
disposition de la Patrie.
1794. Pendant le bombardement de Mariemont les français
forcent les portes de l' Église, mettent le feu à des archives dans le but de
tout livrer aux flammes et se livrent à d' autres excès déplorables. Il ne
serait pas possible de compter les réquisitions en argent, en vivres, en
bestiaux, que subirent nos habitants, réquisitions qui se succédaient sans
relâche.
La révolution française jusque là n' avait produit que des
désastres; à Morlanwelz, elle avait eu pour effet de priver de ressource tout
ce personnel qu'occupait le château. Celui-ci, semblable à un vaisseau
naufragé, dont les habitants d' une côte inhospitalière se disputent les
épaves, se voyait enlever ses matériaux épars sur le sol: son gibier royal,
que le son de la trompe avait tant de fois fait bondir, succombait rapidement et
sa forêt elle-même, livrée aux maraudeurs, était sillonnée d'exploitations
de terre-houille dont chacun s' attribuait la propriété.
Tel était Morlanwelz à la fin du XVIIIème siècle et au
moment où disparaissaient les dernières vestiges de la féodalité.
1811. l' Empereur ayant décrété la mise en culture en
grand de la betterave sur le sol de l' Empire, le contingent du département de
Jemappes avait été fixé à 400 hectares. La Société d' Agriculture et d'
industrie, voulant encourager l'idée de l' Empereur, vota une médaille de 150
francs pour l' arrondissement au cultivateur qui justifierait avoir employé le
plus de terrain à cultiver la betterave.
Mr Isidore Warocqué à Mariemont, obtint la médaille pour
l' arrondissement de Charleroi.
1800 à 1815. Les armées de la république française et du
premier Empire comptèrent plusieurs habitants de Morlanwelz dans leurs rangs.
Nos archives administratives nous disent combien étaient
nombreuses les réquisitions en hommes qui se faisaient ici pour compléter les
armées de Napoléons 1er.
L' on devait mettre à exécution un règlement draconien de
la préfecture de Jemappes, de l' an VII de la République, obligeant tous les
hommes valides de 20 à35 ans à marcher.
Le tribunal était très sévère pour les réfractaires et
pour vous donner une faible idée, nous vous citerons que ses jugement des 6 et
13 fructidor an XIII condamnant 18 de ceux-ci solidairement avec leurs pères et
mères à 1500 francs d' amande chacun, plus 5ans d' incorporation dans un
dépôt militaire de discipline. Les receleurs subissaient une amende de 300 à
3000 francs et 1 ou 2 ans de prison.
On ne connaîtra jamais la liste complète de nos miliciens
qui sont morts pour satisfaire aux caprices meurtriers de Napoléons 1er. Ils
sont nombreux ceux de nos jeunes gens qui partis de Morlanwelz pour satisfaire
aux lois de milice n'y ont jamais reparu et dont on n' a jamais plus
eu de nouvelles.
On venait bien de temps en temps, mais rarement, déposer au
bureau communal les extraits mortuaires de quelques-uns de ceux-ci, savoir:
1° Joseph Decamps, fusilier au 21e régiment de ligne
2° Ignace-Joachim Foulard, du 94e de ligne
3° Jean-Joseph Meurant, chasseur au 8e régiment
d'infanterie légère
4° Nicolas-joseph Cordier, fusilier au 21e de ligne
5° Charles Dulière, fusilier à la 2ème légion de
l'intérieur
6° Coquelet, dragon au 26 ème régiment
7° Silet Jean-François, fusilier au 69e de ligne
8° Malengrez Adrien, fusilier au 21e de ligne
9° Gille Pierre-joseph, carabinier au 2ème régiment
1815. Les cultivateurs surtout ont été fort éprouvés en
1815: les prussiens dont nos vieux habitants n' ont pas conservé un agréable
souvenir ont enlevé tous les chevaux de la commune pour les atteler aux
caissons pour le blocus de Mézières.
1830. Les aspirations de la Belgique si longtemps contenues,
excitées par la révolution, qui, en Juillet 1830, venait d' éclater en
France, s' étaient aussi traduites en fait dès le mois de septembre
suivant. Ce mouvement trouva le Hainaut enthousiaste et parmi les volontaires
qui contribuèrent à refouler les hollandais de Bruxelles, un nombreux
contingent d'hommes déterminés fut fourni par Morlanwelz.
Mr Parïs décida un grand nombre de volontaires à voler au
secours de la capitale, en assurant à ses frais l'existence de leurs familles;
élu Bourgmestre de Morlanwelz le 30 septembre 1830, quoique presque
octogénaire, il en accepta les fonctions et Morlanwelz eut ainsi l'honneur de
posséder le premier magistrat municipal de la Belgique indépendante.
Il possédait encore il y a quelques années, trois décorés
de la croix commémorative de 1830: MM. Maximilien Bardeau, Charles Dereume et
Augustin Stavaux.
Il comptait de plus autrefois deux décorés de la croix de
fer: MM. Parïs, précité, et Jean-françois Fauconnier, receveur des
contributions.
La commune possède un drapeau d'honneur, qui lui fut
décerné en 1831 par le Gouvernement provisoire, en souvenir de l' active
participation de ses habitants à la révolution. Un second drapeau, que peu de
communes possèdent. lui fut également décerné, par les villes de Bruxelles
et de Liège ou le Gouvernement provisoire, pour attester la belle conduite de
nos Combattants pendant les journée de septembre.
Description.
Au risque de nous
répéter, nous terminons notre notice par une description, tirée de divers
auteurs, qu' il nous a paru intéressant de reproduire ci-dessous:
Vers la limite orientale de l'ancienne province de Hainaut,
presqu'au point où elle confinait à la fois avec le Brabant, le comté de
Namur et le pays de Liège, s'étendait au commencement du XVIème siècle, une
verte et plantureuse forêt ornée de beaux hêtres et de chênes chevelus.
Un mont sans aspérités dominait cette riche et luxuriante
verdure qu'on ne trouve guère que dans nos provinces fertiles; au pied du
coteau roulait la Haine, peu éloignée de sa source, et quoiqu' encore faible
ruisseau, prêtait déjà son nom à plusieurs villages, comme elle le donna à
cette noble province du Hainaut qui avait la prétention de ne relever que Dieu
et du Soleil.
La rivière était coupée en cet endroit par une de ces
fameuses voies romaines connues dans le pays sous le nom de chaussée Brunehaut;
celle-ci, partie de Bavay, centre de sept de ces routes, passait, pour se rendre
à Tongres et à Maastricht, près de Binche, au village de Vaudrez, autrefois
Volgoriacum ou Valdriacum, première station romaine, marqué dans l'itinéraire
d' Antonin et la table Théodosienne, en partant de Bavay vers le N.E.
En ce lieu frais, délicieux, ombragé de verts feuillage et
arrosé d'eau courantes et limpides, s' étendrait le village de Morlanwelz,
depuis la lisière de la forêt jusque sur les deux rives de la Haine.
Ce beau paysage était dominé par la pointe de Montaigu,
surmontée d'une chapelle pittoresque, prieuré de l'Abbaye voisine, qui s'
avançait au-dessus des champs et des chaumières de la plaine comme un cap
suspendu sue l' océan: de l' ermitage de Montaigu la vue s' étendait en face
sur le Mont-Ste-Aldegonde et la fontaine Saint-Médard, l'une des sources de la
Haine. Au sud sur le Mont-Sainte-Geneviève qui liait les bois de l' Abbaye de
Bonne-Espérance à ceux du monastère de Lobes lui-même séparer seulement par
la vieille rivière de la Sambre de l' antique abbaye d' Aulne. Vers le
couchant, les yeux découvraient Binche et son curieux château, les Estinnes
hautes et basses, anciennes stations romaines, devenues des résidences royales
sous la première race des rois francs; les girouettes du château du Roeulx et
jusqu 'au clocher de Mons, dominant la belle église de Sainte-Waudru. L'
épaisseur et la hauteur du bois interrompaient ce curieux panorama vers le Nord
et l' Orient et empêchaient de voir, quoiqu' à peu de distance, la tour d'
Herman et la pittoresque abbaye des dames de l' Olive fondée par le bienheureux
Jean Guillaume, l' ermite, & plus loin les deux châteaux des Ecaussines, la
chapelle d' Arlaimont, le vieux manoir de Trazegnies si célèbre par le tournoi
où périt Guillaume de Dampierre, la perle des chevaliers, la Commanderie du
Piéton et enfin l'antique château de Fontaine-l' évêque, séjour du prélat
de Cambrai, Godefroid de Fontaine et depuis de l' illustre maison de Rodoan.
Morlanwelz et son célèbre hameau de Mariemont se dressent
maintenant sur des coteaux d'où le regard de quelque côté qu' il se porte,
erre dans un dédale d' établissement industriels, nuit et jour en activité.
Pays de rudes labeurs, d' incessant travail, où des milliers d' ouvriers, sous
toutes les formes que revêt l' industrie moderne, concourent à la prospérité
de notre belle patrie; ici, ces nouveaux cyclopes fabriquent, martèlent et
étirent le fer, là, ils ouvrent les flancs de cette terre féconde, au sein de
laquelle gisent d' innombrables trésors.
hommes, femmes, maisons, arbres, tout apparaît entouré
d'une atmosphère poussiéreuse, sorte de noir linceul qui recouvre la passé.
Si nous soulevons un coin de ce voile funèbre, les âges d'antan apparaissent
tout-à-coup devant nous, parés de leurs plus beaux atours; les somptueux carrosses
de la Cour sillonnent les routes poudreuses, de brillants gentilshommes, au
pourpoint de velours, caracolent sur de fringants chevaux andalous, des bois
retentissent au loin de joyeux hallalis, et les vieilles bandes espagnoles, à
l' aspect martial, se livrent, sous les yeux du souverain, à des simulacres
de combat. Aujourd'hui, les temps sont biens changés, et c' est à peine si
quelques ruines, tristes restes d'une splendeur passée, rappellent au passant
le séjour d'une Cour fastueuse.
Partout, les hautes cheminées, obélisque de l' industrie,
se dressent sur le sol et viennent faire concurrence aux arbres les plus
élevés et aux flèches élancées des églises.
Si nous jetons un coup d' oeil sur le panorama qui se
déroule au XIXème siècle, autour du château moderne de Mariemont comme nous
l'avons fait au début de ce chapitre, au point de vue du XVIème siècle, nous
trouverons un tableau vivant de tout ce que l' actualité peut rassembler: au
nord, quantité de chemins de fer; au sud, les charbonnages de Bascoup, la
chaussée d'Anderlues qui vient couper l'ancienne voie romaine au placard; à
l" ouest, les nombreuses usines et fosses à charbons du bassin houiller,
de nombreuses voies de communications notamment les tramways, quantité de
routes et un peu plus loin les belles carrières de pierres des Ecaussines; à
l' Est, la crête de partage des eaux de la Meuse et de l'Escaut, le canal de
Bruxelles qui a grandi la fortune de Mariemont, partout des communications
nouvelles, des petits chemins de fer particuliers qui relient les sièges de la
production aux canaux, aux rivières, aux débarcadères de la grande artère du
du railway de l'état; si l'on ajoute les divers projets encore à l'étude, on
conviendra qu'il existe peu d'endroit sur le globe plus favorisés par la
nature, par l'art et par l'industrie.
Que de vicissitudes et de révolutions ce petit coin de terre
n'a-t-il pas subies! Frontière sauvage du pays des Nerviens il y a deux mille
ans, conquis par les Romains qui y percent une voie importante et y placent non
loin une étape, puis séjour des rois fainéants de la première race et des
maires du palais; au moyen âge les monastères s' emparent de ces lieux et les
cultivent à leur profit, bientôt les grands de la terre y bâtissent des palais et
pendant trois siècles, lorsque les fureurs de la guerre n'en font que des
ruines fumantes, ils servent aux plaisirs des Rois et aux délassement de la
Couronne, aujourd'hui centre d'un labeur intelligent, foyer de l'industrie
moderne.
Comme nous l' avons déjà dit, peu d'endroits offrent, dans
leur histoire, une suite non interrompue d'aussi grands souvenirs: les premiers
habitants de nos forêts, les Romains, les Francs, les armées du moyen âge ont
défilé sur cette antique chaussée qui traverse notre territoire; la noblesse,
la chevalerie, la science et les arts se sont donnés rendez-vous dans ces
maisons de plaisance d' Eustache 1er, de Marie de Hongrie, d' Albert et
Isabelle, de l' Infant Ferdinand d' Autriche, de l' Archiduc Léopold Guillaume,
de Louis XIV, roi de France, de l' Archiduchesse Marie Élisabeth d' Autriche,
du prince Charles de Lorraine et de Bar, de l' Empereur Joseph II et enfin du
duc de Saxe-Teschen.
Cependant, jusqu'à la Révolution qui a clos le XVIIIème
siècle, Morlanwelz était resté un pauvre et obscur village dont les rares
habitants pouvaient à peine jouir du fruit de leur travail, et voyait chaque
année renaître les horreurs de la guerres, de la famine, d' épidémies
terribles décimant la population.
Comme contraste à ce sombre tableau, nous voyons les
progrès incessants d'une période de liberté, d'ordre et de travail qui ont
amené l' abondance; de cette comparaison naîtra pour nous un attachement, plus
grand s' il est possible, aux institutions qui nous ont procuré ces bienfaits.
Olivier HUBINONT
Secrétaire Communal
Mariemont, Septembre 1901
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