Constats
:
Des bâtiments commerciaux et autres en milieux urbains et commerçants
restent abandonnés depuis des années.
Des logements en étages de maisons commerciales sont inoccupés depuis de
nombreuses années.
Les commerçants actuels comme les potentiels futurs n'occupent plus leur
bâtiment ; dans la plupart des cas, il est très difficile et même
impossible de séparer les accès aux étages de celui du commerce ; les
commerçants refusent, avec raison, que des locataires et leurs visiteurs
accèdent aux logements en traversant les magasins.
Des
bâtiments restés vides longtemps font l'objet de spéculations immobilières
au détriment des propriétaires.
Ces
immeubles achetés très bon marché sont souvent aménagés à moindre
frais en "garnis". Des mesures sévères sont prises par le
Bourgmestre et le Collège pour limiter, voire diminuer, ces logements précaires.
Malgré cela, nombre de ces médiocres
logements, parfois réalisés à la limite des réglementations
imposées sur l'habitat et en deçà d'un confort normal, sont loués à
des loyers très élevés, en pure spéculation locative, au détriment
des plus défavorisés. Indirectement, le CPAS et d’autres organismes
publics en subissent des effets négatifs. Ces deux spéculations sont réalisées
en profitant de la détresse humaine : besoin financier de vendre un
patrimoine, parfois hérité, au plus vite et à n'importe quel prix ;
besoin fondamental de se loger au plus vite et à n'importe quelles
conditions !
Dans
un quartier commercial, la disparition de commerces entraîne moins
d'animations et moins de passage de clients potentiels ; Cela provoque
moins de vente et la diminution du chiffre d'affaire des commerçants
restants qui pourraient être tentés d'arrêter aussi !
Réflexions
:
En cette période de crise du logement, il faut essayer de remettre un
maximum de logements disponibles dans le secteur locatif moyen et social :
y compris les étages des maisons commerciales.
Il faut lutter contre la dégradation de l'ambiance de quartiers, contre
la délinquance et le vandalisme, contre la déstabilisation et le
sentiment d'insécurité et il faut veiller à la resocialisation de ces
quartiers. Une des solutions est de réoccuper au plus vite les bâtiments
abandonnés en y réinstallant des commerces, des services et des
logements.
Il faut lutter contre les spéculations honteuses immobilières et
locatives.
Il faut essayer d'enrayer la spirale des fermetures des commerces dues à
la disparition d'activités et d'animations populaires et cela suite à la
diminution de circulation de chalands (clients potentiels).
Solutions
parmi d'autres :
Achat par la Commune de bâtiments commerciaux abandonnés et géographiquement
bien situés.
Aménager en leur rez-de-chaussée des services communaux ou
para-communaux nouveaux et utiles qu'il serait de toute façon difficile
de loger dans les locaux de l'Hôtel de Ville par manque de place.
Revendre les étages à la Société de Logements de Service Public locale
qui y aménagerait des appartements sociaux et moyens destinés à la
location : il est plus facile d'organiser le passage des locataires et de
leurs visiteurs vers les logements à travers des locaux publics communs
que à travers des magasins.
Pourquoi
encore acheter des bâtiments pour des services au public alors que la
Commune possède des immeubles inoccupés ?
Les
bâtiments communaux visés sont les gares de CARNIERES et de MORLANWELZ
et la "salle d'escrime" de la rue Peny, achetés depuis
plusieurs années et pas encore réaménagés.
-
Il
s'avère que le volume du bâtiment est insuffisant pour satisfaire
aux normes imposées par le Ministère de la Communauté française.
-
L'état
des finances de la Communauté française nous fait craindre que le
projet n'aboutisse pas avant 4 ou 5 ans : ce qui accentuera encore l'état
de délabrement déjà très avancé de l'immeuble !
-
Même
sans la construction de locaux d'agrandissement, le coût estimé de
la réhabilitation en bibliothèque s'élève à plus de 500.000 €
(subsidiables à 60 %) ; sans compter l'aménagement du terrain de façade
en accès, parc et stationnement, les travaux sont estimés lui à environ 100.000 €
(non subsidiables) ! Ce qui produirait une intervention communale de 300.000
€ .
-
Le
projet en faveur de la bibliothèque étant très fortement compromis,
on aurait pu envisager d'y installer deux services au public,
communaux ou para-communaux qui :
a.
Nécessiterait une réhabilitation semblable du bâtiment et du
terrain de façade pour un montant total de l'ordre de 600.000
€
non subsidiés !
b.
Ne procurerait pas de nouveaux logements sauf peut-être une
conciergerie qui entraînerait des charges d'hébergement pour la
Commune !
c.
Etant situé hors quartier commercial, n'apporterait rien au
commerce local !
Par
contre, des opérations d'achat de deux bâtiments commerciaux telles que
décrites plus avant, (1 en 2002 et 1 en 2003) afin d'y loger deux
services au public (dont la Maison de l'emploi) et d'y
agencer au moins deux logements par immeuble, après revente des étages
au Foyer Familial, coûteraient en finalité à la Commune environ 175.000
€
au lieu des 600.000
€
cité plus haut !
Au-delà
d'une dépense nettement moindre pour héberger deux services au public,
les avantages, portant sur le logement, sur la vie du quartier, sur
l'activité en faveur du commerce local, sur le début d'une rénovation
intégrée de quartier et sur la lutte contre les spéculations immobilières
et locatives, font que le choix d'acheter deux bâtiments et de revendre
la "salle d'escrime" nous semble plus raisonnable et rend compte
de bonne gestion responsable.
Jean MALFROID
Échevin du Logement, Fonction publique,
Commerce, Emploi.
28 Octobre 2002.